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Le recyclage de la matière organique dans la forêt - Action de la microfaune - 8mn 02s

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Type : Vidéo
Référence : VID 0 544 00004
Auteur : Hervé CONGE

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Le recyclage de la matière organique dans la forêt : action de la microfaune - commentaire / voix off (partielle)

.... Une fois installé dans les lacunes des tissus foliaires ou du bois, le mycélium va entamer un long et inexorable travail de digestion: le contenu des cellules et la cellulose, vont être transformés plus ou moins rapidement en molécules plus simples. La lignine des nervures et du bois, plus résistante, reste partiellement intacte: ses restes, qui seront plus ou moins remaniés au cours du temps, participeront plus tard à la formation de l'humus. Cette digestion partielle finit par rendre consommables une bonne partie des végétaux tombés en automn . Une multitude de minuscules animaux détritivores va pouvoir prendre part au festin.


Premiers intéressés, les cloportes, qui semblent toujours se trouver là où le bois pourrit, que ce soit sous une vieille planche, et sous une l'écorce d'une branche morte. Détritivores, ils se nourrissent de feuilles mortes et de bois en putréfaction, tout en rejetant d'innombrables petites pelotes fécales, leurs excréments. Les mangeurs de bois et d'écorce comptent dans leurs rangs de nombreuses larves d'insectes coléoptères. Elles aussi restituent par les voies naturelles quantité de pelotes fécales, dont l'accumulation comble les vides du bois en décomposition. Les mille-pattes, qui s'abritent sous les écorces, comme les gloméris ou les iules, préfèrent les feuilles en décomposition et le mycélium des champignons.  Quelques représentants des gastéropodes, comme les escargots des bois ou les limaces affectionnent eux aussi le bois pourri, les lichens ou encore les mycéliums mangeurs de matière organique. Heureusement pour eux, il n'ont pas besoin de courir après ...

Mais la microfaune du sol ne se limite pas à ces quelques grosses espèces que nous venons de mentionner : une quantité faramineuse de petits insectes dépourvus d'ailes, les collemboles, et de petits arthropodes apparentés aux araignées, les acariens, pullule dans le sol, la litière et le bois mort. Les collemboles se nourrissent de fins débris organiques, de mycélium, mais aussi des excréments d'autres invertébrés. Mais il n'y a pas qu'eux. Les mycéliums semblent avoir les mêmes penchants pour ces "aliments" bizarres... Si certains acariens ont un régime alimentaire voisin de celui des collemboles, ... , d'autres par contre sont de véritables carnivores : ils n'hésitent pas à dévorer leurs semblables et provoquent de véritables ravages dans les rangs des collemboles.


Autres intéressés par l'impressionnante quantité de nourriture qui s'abat chaque automne dans les forêts : les vers. Les enchytréides, petits annélides blanchâtres, jouent un rôle important dans la formation de l'humus, en ingérant les fins débris organiques de la litière, et en poursuivant leur digestion. Les nématodes, encore plus petits, se contentent des plus fines particules organiques et de microbes. Mais de tous ces vers, les lombrics, ou plus communément les vers de terre, sont de loin les animaux les plus représentés: à eux seuls, ils totalisent 60 à 90 % de la biomasse totale des animaux de la forêt, soit plusieurs centaines de kilos à l'hectare !! Leur activité nocturne, intense, qui consiste à brasser et à homogénéiser le sol, est mise ici en évidence dans une ferme à lombrics au cours d'une expérience qui a duré 2 mois ... Ce "labourage" des lombrics contribue non seulement à fragmenter les feuilles fragilisées par l'action des mycéliums, mais aussi à les enfouir dans la terre, ce qui en accélère d'autant plus la décomposition. Mais en ingérant la terre du sol et les fragments végétaux qu'elle renferme, les lombrics ne prélèvent pas toute l'énergie disponible dans leurs aliments. Ce qu'ils n'arrivent pas à digérer se retrouve dans leur déjections, les "terricules" que l'on rencontre à la surface du sol, et servira de nourriture à des organismes plus petits. 


La forte densité de cette microfaune en un lieu donné attire bien sûr toute une panoplie de prédateurs divers : mille-pattes, pseudoscorpions, araignées, ..., et dans ce monde obscur et silencieux, se déroulent des combats dramatiques et sanguinaires, dont nous n'imaginons pas même l'existence...


On peut ainsi considérer que la dégradation de la litière se déroule, au moins en partie, dans les tubes digestifs successifs de nombreux invertébrés du sol. Mais pas seulement dans les tubes digestifs : en même temps, tout ce petit monde respire, et restitue à l'atmosphère, petit à petit des quantités non négligeables de dioxyde de carbone. Finalement, en bout de chaîne, les plus fines particules seront soumises à l'action d'une myriade d'organismes microscopiques - on en compterait plusieurs milliards par gramme de sol -: ce sont les bactéries. Les dernières molécules organiques, déjà considérablement simplifiées, finissent par retourner à l'état de ce qu'elles étaient avant la photosynthèse, c'est à dire à l'état d'eau, de dioxyde de carbone et d'azote minéral : ce phénomène est la minéralisation. Dans un sol stérilisé, où les microorganismes ont été tués par la chaleur, il n'est plus possible d'observer cette minéralisation : les feuilles et le bois mort n'étant plus décomposés, ils s'accumuleraient sur le sol...

 

Durée de la séquence : 8mn 02s 

Disponible dans le format suivant : HD  720p25 mp4

 



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